Relation humain-animal Guide
Médiation animale : définition, bienfaits, publics et métier
La médiation animale utilise la présence d’un animal pour soutenir le bien-être, la communication et l’autonomie de personnes accompagnées. Définition, cadre, publics et métier.
Mis à jour le 5 min de lecture Équipe pédagogique CEEPHAO
Sommaire
- Médiation animale, zoothérapie : de quoi parle-t-on ?
- Les bienfaits observés de la médiation animale
- Pour quels publics ?
- Quels animaux en médiation ?
- Le bien-être de l’animal : une exigence non négociable
- Comment se déroule une séance de médiation animale ?
- Le métier d’intervenant en médiation animale
- Se former à la médiation animale au CEEPHAO
Un chien qui pose doucement sa tête sur les genoux d’une résidente d’EHPAD. Un enfant qui ose enfin prendre la parole pour expliquer au lapin comment le brosser. Une personne en rééducation qui retrouve le geste de lancer une balle. La médiation animale repose sur une idée simple et puissante : la présence d’un animal peut créer du lien, de la motivation et de l’apaisement là où les approches classiques peinent parfois.
Définition La médiation animale est une intervention structurée dans laquelle un professionnel formé associe un animal, spécifiquement préparé, à l’accompagnement d’une ou plusieurs personnes, dans un objectif de bien-être, d’éducation, de prévention ou de soin, en garantissant le bien-être de l’animal.
Médiation animale, zoothérapie : de quoi parle-t-on ?
Plusieurs termes coexistent : médiation animale, médiation par l’animal, zoothérapie (surtout au Québec), interventions assistées par l’animal. Tous désignent une relation triangulaire entre un intervenant, un bénéficiaire et un animal.
L’animal n’est pas un « outil » : c’est un médiateur. Sa présence facilite la communication, suscite l’intérêt et l’émotion, et offre une relation sans jugement. C’est l’intervenant qui structure la séance, fixe les objectifs et veille à la sécurité de chacun.
Activité, éducation ou thérapie : les distinctions internationales
L’IAHAIO, association internationale de référence sur les interactions humain-animal, distingue plusieurs formes d’interventions assistées par l’animal :
| Type d’intervention | Objectif | Qui la conduit ? |
|---|---|---|
| Activité assistée par l’animal | Moments de bien-être, de loisir, de lien social (visites, animations) | Intervenant formé, bénévole ou professionnel |
| Éducation assistée par l’animal | Objectifs pédagogiques : lecture, langage, compétences sociales | Professionnel de l’éducation formé |
| Thérapie assistée par l’animal | Objectifs thérapeutiques définis et évalués | Professionnel de santé ou du soin formé |
Cette distinction est importante : seul un professionnel de santé peut parler de thérapie. L’intervenant en médiation animale qui n’a pas cette qualification construit des séances de bien-être, de stimulation ou d’éducation, souvent en partenariat avec les équipes soignantes.
Les bienfaits observés de la médiation animale
Les professionnels et les structures qui pratiquent la médiation animale rapportent de nombreux effets positifs, qui varient selon les publics et les objectifs :
- Relationnels : l’animal facilite la prise de contact, la parole et les échanges au sein d’un groupe.
- Émotionnels : apaisement, plaisir, sentiment de sécurité, estime de soi.
- Cognitifs : attention, mémoire, motivation à participer à des activités.
- Moteurs : gestes de soin (brossage, caresses), marche, coordination.
- Sociaux : responsabilisation, respect de l’autre, empathie.
La médiation animale ne remplace pas un traitement ou une prise en charge : elle complète l’accompagnement existant.
Pour quels publics ?
La médiation animale s’adresse à des publics très variés :
- personnes âgées en EHPAD ou à domicile ;
- enfants et adultes en situation de handicap (IME, foyers, ESAT) ;
- personnes accueillies en établissements de santé ou de soins de suite ;
- enfants et adolescents à l’école, en centre de loisirs ou en protection de l’enfance ;
- personnes en difficulté sociale ou en milieu carcéral ;
- personnes souffrant d’isolement, de troubles anxieux ou de difficultés relationnelles.
Quels animaux en médiation ?
Le chien est l’animal le plus utilisé, pour sa sociabilité et sa capacité à coopérer. Mais le cheval, le chat, le lapin, le cochon d’Inde, les poules ou encore les chèvres peuvent être des médiateurs remarquables. Le choix dépend :
- du public et des objectifs de la séance ;
- du tempérament de l’animal : calme, tolérance aux manipulations, intérêt pour les humains ;
- des contraintes du lieu (hygiène, allergies, espace).
Le bien-être de l’animal : une exigence non négociable
Un animal médiateur n’est pas un animal disponible en permanence. L’intervenant doit savoir lire ses signaux de stress et de fatigue (bâillements, léchage de truffe, détournement du regard, évitement), limiter la durée et la fréquence des séances, ménager des pauses et des temps de récupération, et respecter le droit de l’animal à ne pas participer. Une bonne connaissance de l’éthologie est donc indispensable. Pour mieux comprendre cette discipline, lisez notre guide qu’est-ce que l’éthologie.
Comment se déroule une séance de médiation animale ?
Voici la structure type d’une séance, que l’on retrouve dans la plupart des « fiches activité » :
- Préparation : objectifs individuels ou de groupe, choix de l’animal et des supports, aménagement de l’espace.
- Accueil : présentation de l’animal, consignes de sécurité, rituel d’ouverture.
- Activités : soins (brossage), jeux, parcours, observation, échanges verbaux autour de l’animal.
- Retour au calme : moment d’apaisement, au revoir à l’animal.
- Bilan : observation des réactions, traçabilité, ajustement des objectifs pour la séance suivante.
Le métier d’intervenant en médiation animale
Il n’existe pas de diplôme d’État spécifique à la médiation animale. Les intervenants sont souvent issus du soin (aides-soignants, infirmiers, psychomotriciens, ergothérapeutes), du social (éducateurs spécialisés, AES), de l’enseignement ou du secteur animalier. Certains exercent en libéral, d’autres au sein d’une structure ou d’une association.
Les compétences clés :
- concevoir des séances adaptées à des publics variés et à des objectifs précis ;
- connaître la psychologie des publics accompagnés ;
- maîtriser l’éthologie de l’animal médiateur et garantir son bien-être ;
- travailler en équipe avec les professionnels de l’établissement ;
- construire un projet de médiation et le présenter aux structures.
Découvrez les autres métiers animaliers si vous hésitez encore sur votre orientation.
Se former à la médiation animale au CEEPHAO
La formation « Praticien en médiation par l’animal » du CEEPHAO vous apprend à concevoir et animer des séances de médiation animale auprès de publics variés, en garantissant le bien-être de l’animal. Elle compte 25 à 44 jours selon le parcours, en format mixte : pratique en présentiel, théorie en visioconférence. Elle est accessible dès 18 ans, avec un niveau brevet, CAP ou seconde, ou deux ans d’expérience dans le domaine. Tarif : 2 840 € TTC, ou 18 mensualités de 158 €.
Fidèle à l’approche systémique du centre, elle associe éthologie et psychologie humaine pour accompagner le binôme humain-animal dans son ensemble. Découvrez le programme de la formation médiation animale ou réservez un appel pour en parler.